PAR GABRIEL MOLINA / PHOTOS ANNE-MARIE GARCIA
CAYO COCO
DIEGO Velazquez fut, en 1514, le premier Européen à s'émerveiller devant les îlots de Sabana-Camagüey. Il les trouva si beaux qu'il les baptisa, sans doute en raison de l'exubérance de la flore et de la faune, du nom poétique d'Archipel des Jardins du Roi, en l'honneur de Ferdinand VII.Il se compose de plus de 400 îlots moyens et d'un millier d'autres plus petits qui s'étendent le long de la côte nord de la Péninsule d'Hicacos, où est enclavé la célèbre station balnéaire de Varadero, jusqu'à la baie de Nuevitas.
Pour répondre au goût des vacanciers, aucun des bâtiments n'a plus de trois étages, que couronnent des tuiles aux couleurs vives. Ils se dressent au milieu d'une magnifique colonie de flamants roses,
dont il existe 15 000 couples à Cayo Coco, cohabitant avec pélicans, canards, merles moqueurs et rossignols, soit quelque 200 espèces d'oiseaux endémiques et migrateurs. Cette faune côtoie une flore composée de palétuviers, cocotiers, acajous, fleurs et plantes ornementales et médicinales.Près de cinq siècles après Velazquez, l'écrivain Ernest Hemingway, pourchassant des sous-marins à bord de son yacht Pilar durant la Deuxième Guerre mondiale, peut-être tout en dégustant mojitos ou daiquiris, conçut dans ces parages ce qui serait son oeuvre posthume, le roman Islands in the Stream: «J'avais trouvé l'endroit où venaient manger les flamants et j'avais vu de nombreux ibis des bois, et les cocotiers qui donnaient leur nom à ces lieux». Hemingway parlait de Cayo Coco, qui avec ses 370 kilomètres carrés est le quatrième en étendue de l'archipel cubain.
On peut faire le voyage jusqu'à l'îlot et retour par l'aéroport international Maximo Gomez de Ciego de Avila, dans la province du même nom, située dans la partie centrale de l'île. De l'aéroport on gagne l'îlot par route ou par voie aérienne, à l'heure actuelle à bord d'appareils petits et moyens, mais on envisage de construire dans cette zone un aéroport international, en veillant bien sûr à préserver l'écologie.
Par route on accède à Cayo Coco de n'importe quel point de l'île. De La Havane, il faut tout d'abord gagner Ciego de Avila, à 425 kilomètres, puis Turiguano, à 70 kilomètres de là, sur la côte nord. Le tronçon final débute par 17 kilomètres d'une route construite par des mains cubaines sur un lit de pierres dans la Baie de Los Perros. C'est comme rouler en voiture sur la mer, au milieu d'un merveilleux paysage.
Lorsqu'on arrive sur la côte sud de l'îlot, il faut encore traverser celui-ci jusqu'à la côte nord, soit parcourir une quarantaine de kilomètres. Là les nouvelles plages nous attendent, avec leurs 22 kilomètres de sable bordé d'eaux cristallines vert-bleu, tièdes toute l'année. On dit qu'à quelque chose malheur est bon: sur son passage, l'ouragan George a ajouté une nouvelle couche au sable fin du littoral.
Selon ce couple canadien,
les touristes sont surtout attirés par la nature et l'ambiance familiale qui règne dans les installations. En ce qui les concerne, ils ont insisté sur la tranquillité et la sécurité qu'offre l'îlot, sans oublier les plages et le soleil. Ils viennent se reposer et vont en excursion à La Havane, Trinidad, Santiago, mais ils cherchent surtout le calme et leurs enfants jouissent des programmes réservés aux plus jeunes.Cayo Coco est relié à Cayo Guillermo par l'ouest et à Cayo Paredon Grande et Cayo Romano par l'est. Hemingway a dit de Cayo Guillermo: «Vous voyez comme il est vert et prometteur? ... la pêche la meilleure et la plus abondante qu'on ait jamais vue». Sur ces plages de la côte nord se dresse le complexe Hôtel Club Cayo Coco Tryp,
entreprise mixte qui fonctionne depuis avril 1997 selon la formule «tout compris». Le complexe fut inauguré officiellement par le président Fidel Castro en même temps que le bâtiment Colonial, en novembre 1993, même si à cette époque il existait avec la chaîne Guitar un contrat d'administration qui drainait des clients canadiens depuis mai de cette même année. La partie la plus récente du complexe est le Club Cayo Coco, qui a ouvert ses portes le 20 décembre 1996. Dans la zone opèrent également les chaînes Sol Meliá et Riu.
La zone appelée Colonial ressemble à un joli village doté de rues, puits, jardins, places et piscines. Elle compte 458 chambres, et le club 514.
L'Hôtel Club Cayo Coco s'étend sur plus de huit hectares. Il compte 972 vastes chambres, toutes avec un très grand lit, ce qui fait que les lits à deux places sont immenses. Il existe deux autres blocs pour les services et l'administration, dotés en outre de confortables salons, bars, courts de tennis et d'un moderne gymnase.
Les hôtes de Cayo Coco vantent à juste titre la beauté de la nature environnante. La plus grande partie du territoire est en effet recouverte d'une végétatioon exubérante et toujours verte, largement visitée par les cocos, petits oiseaux blancs (coccotrinax littoralis) qui ont donné son nom à l'îlot. Des sentiers écotouristiques permettent d'admirer toute cette merveilleuse nature. Les visiteurs peuvent s'informer auprès de la responsable des Relations publiques, Gelly Estévez.
La présence des moustiques dans les îlots est normale, mais elle doit être combattue. Au complexe Tryp la fumigation a lieu deux fois par jour, matin et soir, et ces insectes gênants sont donc neutralisés en veillant bien toutefois à ce que l'écologie ne s'en ressente pas.
En ce qui concerne la restauration, le choix est vaste: cuisine internationale, italienne, cubaine, caribéenne, méditerranéenne...; les chefs préparent toutes sortes de viandes, fruits de mer, poisson, afin de combler tous les goûts, et le buffet, très varié, est le plus visité.
Raul Naranjo, délégué du ministère du Tourisme dans la province de Ciego de Avila, et Eduardo Veiga, conseiller exécutif et responsable de la planification physique du site, travaillent ardument pour parvenir en l'an 2000 à 5 000 chambres. Ils nous ont appris que trois nouveaux hôtels sont en construction à Cayo Coco ainsi que trois autres à Cayo Guillermo, trois terrains de golf, deux centres de plongée et des restaurants hors des hôtels, qui appartiennent tous à la catégorie 4 et 5 étoiles. Ils disposent de marinas pour les sports nautiques et d'une des plus belles barrières coralliennes de la planète.
Le complexe Cayo Coco Tryp attire surtout les familles, en raison notamment des attentions dispensées aux enfants. Et Cayo Coco recèle aussi des légendes pour tous les âges. On y trouve des chevaux et du bétail sauvage qui furent, dit-on, introduits jadis par les pirates Jacques de Sores et Henry Morgan lorsqu'ils établirent là leur quartier général. Par un caprice de l'histoire, boucaniers, corsaires et pirates sont partout un motif certain de curiosité. Et on peut en faire sans aucun doute une attraction supplémentaire. Il appartient aux dirigeants de Tryp de raconter comment l'île demeura espagnole jusqu'au début du XXe siècle, en dépit de ces Anglais et de ces Français qui sillonnaient la mer des Caraïbes.
Plus d'un siècle s'est écoulé depuis. Une brasserie proche produit une bière sous la marque Bucanero. Essayez de savoir pourquoi. Dégustez-la sur cette mer. Ou ici même. Pour que le souvenir stimule les papilles gustatives.
CAYO SANTA MARIA
Le développement envisagé d'une solide infrastructure hôtelière et extra hôtelière dans l'ensemble d'îlots de Villa Clara et l'exploitation d'autres agréments touristiques liés surtout avec les traditions et l'histoire de la région, doivent emmener cette province à devenir bientôt une destination préférée pour les vacanciers qui arrivent à la plus grande île des Antilles.
Pendant les dernières années, la province centrale de Cuba a reçu un tourisme organisé, attiré par l'étroite relation de la capitale de la province avec le légendaire commandant guérillero Ernesto Ché Guevara. Vers la fin de décembre 1958, celui-ci y a livré des combats décisifs pendant l'étape finale de la guerre pour la définitive libération nationale.Fondée en 1689, Santa Clara est une ville propre et tranquille. Elle possède des endroits qui méritent être connus tels que le Musée mémorial érigé à Ché Guevara et ses camarades morts pendant la lutte révolutionnaire en Bolivie, ainsi que le théâtre La Caridad (1885) et le parc Leoncio Vidal.
Elle possède aussi un avantage donné par sa propre position géographique: être à 267 kilomètres de Ciudad de La Habana, à 74 kilomètres de Cienfuegos, à 207 kilomètres de Varadero et seulement à 88 kilomètres de Trinidad.
Il y a des endroits de passage pour ceux qui vont dans les îlots du nord: l'un d'eux est Camajuaní –municipalité surtout agricole– qui possède de bons tordeurs de cigares;
l'autre est San Juan de los Remedios, la huitième ville fondée par les conquistadores dans l'Île (1515) qui doit être visitée attentivement et sans se presser.Le centre historique de Remedios, déclaré Monument National en 1980, est le seul du pays qui possède, dans sa place principale, deux églises: celle de Nuestra Señora del Buen Viaje et la Parroquia Mayor. Dans cette dernière paroisse il se trouve un énorme autel totalement plaqué en or et une sculpture –qu'on dit unique au monde– qui représente l'Immaculée Conception enceinte.
Depuis Caibarién –village de pêcheurs entouré par des eaux profondes dans lesquelles se trouvent d'importants élevages de langoustes– une autoroute enrochée dans la mer de plus de 48 kilomètres de longueur lie la terre ferme avec les îlots du nord. Parmi ces îlots, celui de Las Brujas possède un petit aérodrome et l'îlot Santa María a des possibilités de logement.
Baptisée comme la rose blanche de l'ensemble d'îlots Los Jardines del Rey,
Santa María possède seulement 13 kilomètres de longueur dont presque la totalité est couverte par d'excellentes plages de sables blancs très fins, des eaux limpides, tranquilles et transparentes. Dans ses fonds on trouve des formations de coraux et une grande diversité d'espèces sous-marines qui invitent à la pratique de la plongée et à la photo sous-marine.Dans l'environnement de l'ensemble d'îlots du nord de Villa Clara il est possible de trouver des propositions intéressantes pour les amoureux de l'écotourisme. Pour ceux qui aiment l'archéologie, on peut trouver les grottes Pelo de Oro ou celle de Muñeco. On peut aussi planifier des excursions au non lointain phare Caimán Grande et au bateau San Pascual, une relique authentique de l'industrie navale fait pour transporter du miel et qui est aujourd'hui un hôtel flottant.
Villa Clara possède des agréments tels que le lac Hanabanilla –un des barrages artificiels du pays construit au pied du massif montagneux Escambray– où il y a une réserve de flore et de faune et la station balnéaire d'eaux minéro-médicinales et thermales de Elguea.


